Dans la nuit du 27 au 28 mars dernier après une dispute entre deux hommes, un chrétien de Suquaylabiyah, un autre musulman de la ville voisine de Qalaat al Madiq, toutes deux dans la province de Hama en Syrie, plusieurs dizaines de personnes membres d’une milice musulmane sont arrivés à moto, armés, et ont saccagé des biens privés, mais aussi des églises dans cette localité majoritairement chrétienne.
L’AP cite un habitant dont le magasin a été attaqué : “« Nous avons vécu dans la terreur, la peur et la panique », a déclaré Liyan Dweir, dont le magasin de vêtements a été criblé de balles et a subi d’importants dégâts. Ses enfants ont été terrifiés pendant les heures qu’a duré l’attaque, a-t-il ajouté“.
“Le Conseil national levantin (CNL) a condamné l’attaque armée qui a visé la ville majoritairement chrétienne de Suqaylabiyah, dans la campagne de Hemto (Hama), et a tenu les autorités syriennes pleinement responsables de la protection des civils et de la traduction en justice des auteurs de ces actes. Dans un communiqué publié le 28 mars, le CNL a indiqué que l’attaque avait ciblé des habitations et des biens civils, ainsi que des lieux de culte, et a fait état de pillages et d’actes d’intimidation. Il a qualifié ces événements d’« agression flagrante » qui menace le tissu social restant du pays.
Le communiqué ajoutait que des groupes armés avaient perpétré l’attaque « sous la protection de puissants alliés », une allusion implicite à des acteurs ayant une influence sécuritaire ou politique, sans les nommer explicitement. Le gouvernement syrien n’a pas immédiatement réagi à ces accusations.
Le Conseil national libéral (CNL) a considéré le ciblage des chrétiens non pas comme un incident isolé, mais comme faisant partie d’une menace plus large pesant sur la diversité religieuse et culturelle du pays. Dans sa déclaration, le CNL a affirmé que « cibler les chrétiens et d’autres composantes de la société constitue une attaque contre la Syrie dans toute sa diversité », appelant au rejet sans équivoque de telles pratiques et soulignant la nécessité de protéger tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions“.