Après le meurtrier incendie dans une boîte de nuit de Crans-Montana, la Suisse donne un tour de vis pour les normes anti-incendie des lieux accueillant du public, ce qui inquiète les paroisses. C’est aussi l’occasion de constater de visu la chute de la pratique, les paroisses mettant en avant le fait que les églises sont vastes, mais jamais vraiment remplies à leur contenance théorique :
“«Le conseil épiscopal a mis cette question à l’ordre du jour de sa séance au début mars, relève pour cath.ch Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion. La première des choses a été de prendre en compte les appels parfois un peu alarmés de certains fidèles, et de quelques paroisses, qui craignaient que l’État n’impose des restrictions à l’exercice du culte, comme pendant le covid, ou des normes de sécurité supplémentaires difficilement applicables.»
«J’ai eu contact avec les responsables au niveau de l’État du Valais qui refusent tout alarmisme. A priori les églises ne sont pas les lieux les plus exposés, par leurs matériaux de construction, leur volume, leurs accès généralement assez larges, etc. Aujourd’hui, ajoute Pierre-Yves Maillard, les spécialistes disposent d’outils de modélisation numérique pour mesurer les risques, par exemple l’évacuation des fumées ou la dispersion d’une foule. Dans une église, nous sommes très loin du bar de Crans-Montana situé en sous-sol et plein de matériaux inflammables.»
En Valais, les églises sont propriétés des paroisses, poursuit le vicaire général. A priori leur sécurité ne fait pas partie du domaine de compétence du diocèse, «mais nous avons néanmoins pris divers contacts pour en discuter. Les responsables de sécurité des communes contactés se sont tous montré rassurants». Ils étudieront au cas par cas, avec les conseils paroissiaux, les éventuelles mesures à prendre, par exemple pour les espaces dédiés aux lumignons, l’inversion du sens d’ouverture des portes, l’installation de poignées de secours, la signalisation des issues ou encore la pose d’extincteurs supplémentaires.
Parallèlement, le diocèse de Sion a mandaté des entreprises spécialisées pour examiner la sécurité incendie des bâtiments dont il est le propriétaire, notamment l’évêché ou le foyer du collège des Creusets à Sion“.
De toute façon, à l’exemple de la chapelle des Brenets, les églises suisses semblent sonner creux : “la chapelle, une ancienne ferme, a été restaurée il y a douze ans. «A l’époque, nous avions eu une inspection de la commune pour le contrôle des normes anti-incendie.» «La chapelle est prévue pour 60 personnes mais, exceptées les célébrations de Noël et Pâques, il n’y a guère plus de trente personnes à la messe», précise la présidente. L’autel est plaqué en chêne, les murs et le plafond sont en pierre, et le sol et la tribune en chêne massif, un bois qui ne brûle pas facilement“.
Pareil à Châtel-Saint-Denis, où l’église est bien trop grande pour le nombre de fidèles qu’elle accueille : “l’église dispose de cinq portes d’évacuation: les trois du portail et deux sorties latérales. Il n’a pas été nécessaire d’en prévoir d’autres. En outre la sacristie possède également une sortie vers l’extérieur. Comme l’église est très grande et peut rassembler jusqu’à 1000 personnes, il est très rare qu’elle soit bondée. Le risque de bousculade en cas d’évacuation urgente est donc faible”.