Du 10 au 17 janvier les écoles chrétiennes de Jérusalem ont été en grève, suite à l’annulation par Israël de 171 permis de travail d’enseignants résidant en Cisjordanie. L’activité des écoles n’a repris qu’une fois ces permis de travail renouvelés :
“Depuis samedi 10 janvier, jour qui devait marquer la rentrée des classes pour 10 000 élèves des écoles chrétiennes de Jérusalem, ces établissements étaient en grève. La raison était le non renouvellement des permis de travail de 171 enseignants de ces établissements par les autorités israéliennes. Pas moins de 12 écoles chrétiennes de la Ville sainte restées portes closes pour dénoncer des mesures peu lisibles, qui pénalisent l’éducation des jeunes, chrétiens ou musulmans qui y sont scolarisés. Ce jeudi après-midi 15 janvier, les écoles ont annoncé pouvoir rouvrir samedi prochain, ayant reçu la garantie que ces permis seraient de nouveau octroyés.
L’origine de la crise remonte à l’été dernier, après une suspension d’un mois de ces permis de travail de la part d’Israël. «Pendant un mois, nos professeurs ne pouvaient venir à Jérusalem, alors que même si l’école était fermée, il y avait les camps d’été et besoin de maintenance», raconte le frère Daoud Kassabry, directeur du Collège des Frères des écoles chrétiennes, une institution dans la ville, qui remonte à 1904. «Le 20 août, ils ont fini par régulariser les permis, jusqu’au 30 décembre, et depuis, plus rien», se désole-t-il.
Les permis de travail donnés aux palestiniens de Cisjordanie leur permettent de venir travailler légalement de l’autre côté de la séparation avec Israël. “Après de nombreuses protestations, les écoles chrétiennes de Jérusalem se sont d’abord vues accorder quelques permis, mais avec de fortes restrictions. «On a été surpris d’apprendre que les permis n’ont pas été octroyés aux personnes qui n’étaient pas mariées», confie le frère Kassabry.
Les quelques permis délivrés couvraient par ailleurs une période de 5 jours hedomadaires, excluant par exemple le samedi (jour de Shabat), alors qu’il est ouvré dans les écoles chrétiennes. Dans un communiqué publié le 10 janvier, le Secrétariat général des écoles chrétiennes avait dénoncé des «mesures arbitraires», expliquant son «incapacité à assurer le déroulement régulier du second semestre scolaire tant que ces mesures resteront en vigueur».