D’après le CIPAR, une association chargée d’accompagner les fabriques (conseils de paroisse) en Belgique pour mettre en valeur leur patrimoine, les vols d’art sacré se multiplient dans les églises et la province de Namur est particulièrement touchée.
Ce n’est pourtant pas ce qui transparaît à travers la (longue) liste d’objets volés depuis des années sur le site du CIPAR, ce qui traduit deux réalités :
- nombre d’objets patrimoniaux ne sont pas inventoriés, ou pas suffisamment (avec photo)
- nombre de faits de vols ne sont pas déclarés, et encore moins traités par les médias
Sur son site le CIPAR lance un appel à témoignages concernant les vols dans les églises. Il a été diffusé aux fabriques de Belgique francophone.
Nos églises sont régulièrement victimes de vols et d’actes de vandalisme. Ces faits sont de natures très diverses, allant du vandalisme opportuniste de moindre ampleur (bris de vitraux, graffitis, etc.) à des vols ciblés d’œuvres de valeur inestimable. Les procédés et les circonstances varient également.
Certains de ces faits sont spectaculaires, font la une des médias locaux et sont largement relayés sur les réseaux sociaux. D’autres, en revanche, passent totalement inaperçus, y compris auprès des fabriciens eux-mêmes, qui ne constatent parfois la disparition d’un chandelier ou d’une petite statue que plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard.
Il est cependant essentiel de tout mettre en œuvre pour prévenir ces actes, quelle que soit leur gravité, et d’en réduire autant que possible les risques de survenance. La prévention reste la meilleure stratégie. Le CIPAR travaille ainsi quotidiennement, en collaboration avec les fabriques d’église qui en font la demande, à diminuer ces risques par la mise en place de différentes mesures.
Afin que ces actions soient les plus pertinentes et les plus ciblées possible, il est indispensable de disposer d’une vision claire du phénomène, pour l’anticiper au mieux : connaître les types d’objets les plus volés, les modes opératoires, les circonstances, etc. Si nous sommes régulièrement informés de faits survenus dans certaines églises, nous estimons que les données dont nous disposons restent largement en-deçà de la réalité. En effet, de nombreuses fabriques ne nous signalent pas ces faits, soit parce qu’elles les jugent mineurs, soit parce qu’elles ne connaissent pas l’existence du CIPAR ou des services patrimoine diocésains, ni l’accompagnement qu’ils peuvent offrir.
C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui un appel à toutes les fabriques d’église (ou à toute personne impliquée dans la gestion d’une église) ayant été victimes de faits de vol ou de vandalisme, que ces faits soient récents ou anciens, afin qu’elles nous les signalent. Même des informations très lacunaires peuvent s’avérer précieuses (par exemple : le vol d’un ciboire dans les années 1970 sans plus de précision chronologique, ou un vol par effraction dans les années 2000 sans liste précise des objets volés).
Toute information concernant tout type de fait nous est utile pour constituer un registre aussi complet que possible. Ce registre permettra :
- de conserver une trace de chaque fait, indispensable pour le suivi et en cas de réapparition d’objets sur le marché de l’art ;
- d’améliorer la compréhension globale du phénomène ;
- d’affiner nos actions de prévention ;
- et de renforcer la collaboration avec les différents acteurs concernés, notamment les services de police, qui ne disposent pas non plus d’une vue d’ensemble.
Nous vous invitons donc à nous transmettre ces informations par courriel à [email protected], en précisant dans la mesure du possible :
- la date du fait, même approximative ;
- une brève description des circonstances ;
- la nature de l’objet volé ou vandalisé ;
- toute autre information utile (mode d’effraction, dépôt de plainte, photographies, etc.).
Nous vous remercions vivement pour votre collaboration. Votre contribution est essentielle pour nous permettre de toujours mieux accompagner les fabriques d’église dans la conservation et la sécurisation de leurs biens.
Nous en profitons également pour rappeler qu’en cas de vol ou de vandalisme, deux démarches sont essentielles :
- déclarer les faits auprès de la police locale, en fournissant un maximum d’informations (la fiche d’inventaire accompagnée de photographies constitue une aide précieuse). Si elle ne vous est pas remise spontanément, insistez pour obtenir une copie du procès-verbal ;
- prévenir le CIPAR ou le service patrimoine de votre diocèse.
Nous restons à votre disposition pour toute question à ce sujet ou tout accompagnement personnalisé.
Léopold d’OTREPPE